Voilà ma dernière Thomas,
Demain je serai fusillé.
Il me reste cinq heures, je crois.
Quelques heures pour t'expliquer.
Je t'en supplis ne pleure pas,
P'tit frêre ta vie doit continuer.
Maman aura besoin de toi
Quand j'aurai cessé d'exister.
Quand je suis arrivé, p'tit frêre
Oui, je voulais tous les tuer.
Mais les allemands, dans cette guerre
On en a souvent vu pleurer.
Tu les as toujours détesté
Mais pas un seul tu ne connais
Oui, car tu as pour seule idée
Celle que la France veut que tu ais.
Apres deux ans dans les tranchées,
A voir la mort, sentir le sang.
On ne voulait plus en voir couler
Qu'il soit francais ou même allemand.
On a refusé de tirer
Et ce fut une grande mutinerie.
Mais elle s'est bien mal terminée,
Regarde où j'en suis aujourd'hui.
Voilà ma dernière lettre Thomas,
Demain je serai fusillé.
Mais sache que j'assume mes choix,
Que je n'ai rien à regretter.
J'ai appris qu'on est que des pions
Tous faits pour mourir au combat.
Je croyais servir la nation,
Elle se fichait pas mal de moi.
Je vais mourir et c'est bien triste,
J'attendais beaucoup de la vie.
Je voulais dev'nir un artiste
Et m'en aller vivre à Paris.
Je voulais au moins me marier
Et puis avoir des enfants.
Ca me fais mal, je dois l'avouer
De mourir à dix-neuf ans.
Alors sois heureux p'tit frêre
Tu sais, le paradis m'attend
Et peu importe si c'est l'enfer
J'y ai déjà passé deux ans.
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NOTE D'ECRITURE : J'ai écris cette poesie pour l'école sans dire que j'en étais l'auteur.